Michel Colombier - Capo pointu

Michel Colombier – Capo pointu
  • Biographie
  • Type de produit : DIGIPAK
  • Genre : Jazz / Jazz contemporain
  • Label : Play Time
  • Date de parution : février 2005
14.00€ A télécharger
  • Référence FGL : : PL 050288
  • Référence distributeur : : 8646172
  • Code-barres EAN 13 : : 0724386461728
  • Code prix : : CPFG054
  • Image haute définition (342 Ko)
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TITRES
PRESENTATION

Dans son souvenir, 1969 restait associée à l’idée de charnière, de transition, de passage d’une époque à une autre. L’année de l’émancipation, en quelque sorte. Orchestrateur prodige, éminence grise de la variété française, homme de studio et de coulisses, Michel Colombier franchit alors le cap des trente ans, suspend à l’amiable sa fructueuse collaboration avec Serge Gainsbourg, s’élance à la découverte des Etats-Unis dans le sillage de Petula Clark. C’est aussi l’année où il enregistre en son nom propre un 33 tours façon soucoupe volante. Un titre énigmatique (Capot pointu), des textes signés Delanoë ou Gainsbourg, une avalanche pop rehaussée par l’élégance d’une écriture classique… Pour la première fois, Colombier ne s’abrite plus derrière Gainsbourg ou Pierre Henry. Chahutant sa légendaire timidité, il sort de l’ombre pour mieux oser un album à la première personne. Si d’autres expéditions majeures sont à venir (Wings, Old fool back on earth), Capot pointu reste et restera l’album fondateur, le maillon initial de la chaîne. A la nouvelle édition d’un enregistrement historique, Michel Colombier avait souhaité ajouter des extraits de bandes originales de la même période… et se livrer dans une interview. Premier album, dernier entretien. Voici donc Capot pointu raconté par un inlassable expérimentateur qui, un matin de novembre 2004, s’est envolé comme les bonhommes de Folon qu’il avait mis en musique.

Quelle est la genèse de Capot pointu ? A quelle envie et intention correspondait l’album ?

A la base, la motivation était prosaïque : j’avais écrit deux indicatifs, l’un pour Dim, Dam, Dom à la télévision, l’autre pour une émission de Jacques Ourevitch sur Europe 1. Et je voulais les faire exister sur disque. Du coup, à partir de ces deux titres, j’ai conçu, imaginé un 33 tours complet. Le pari était de composer dix nouveaux morceaux qui, dans l’esprit, fonctionnent le mieux possible avec les deux premiers. Cet album, Capot pointu, contient le désir de m’amuser, de faire des trucs à moi, parfois fantaisistes, parfois un peu expérimentaux. Mais il n’y avait aucune volonté de révolutionner quoi que ce soit… D’emblée, Capot a contribué à brouiller mon image : je ne suis pas complètement un homme de jazz, ni de rock, ni de classique mais un peu tout à la fois. Un compositeur peut-être idéaliste qui essaye d’abolir les frontières, de susciter des rencontres entre des mondes qui, a priori, ne devraient pas se télescoper. Cela vient en partie de mon père : pour lui, il existait un mur de Berlin entre la “vraie musique”, en clair le répertoire classique, et le reste, qu’il méprisait. Moi, au contraire, j’ai toujours essayé de créer des passerelles, d’organiser des fusions entre toutes les musiques qui m’ont touché et nourri. Et Capot pointu marque le vrai début de cette recherche.

Comment avez-vous choisi vos auteurs ?

Gainsbourg était l’un de mes meilleurs potes : impossible de ne pas lui demander plusieurs textes. En 1969, je venais juste d’arrêter de co-composer ses musiques de films, d’arranger ses chansons… L’impliquer dans cette aventure, c’était une manière de continuer à travailler ensemble. Il a mis dans ses paroles (Capot pointu, La Robe de papier) sa poésie, son humour absurde, sa jubilation à jouer avec les mots. De l’album, ses deux titres sont certainement mes préférés… Quant à Pierre Delanoë, nous étions amis grâce à Lucien Morisse, directeur artistique d’Europe 1 : il passait ses étés au même endroit où Lucien et moi avions une maison, dans la même rue, à deux portes. Donc… Il y a aussi un texte qui m’est venu spontanément un matin, en sortant de mon lit. A peine jeté sur le papier, je me suis mis au piano pour lui coller une musique. Du fond de mon lit était né. Il m’a semblé normal de le chanter moi-même… C’est, de toute ma carrière, le seul titre dont je sois auteur-compositeur-interprète. Dans la construction de Capot pointu, j’ai aussi essayé de trouver des alternances, des contrastes entre les rythmes, entre également les morceaux chantés avec texte et chantés “en yaourt’’.

Quel souvenir gardez-vous de l’enregistrement ? Comment avez-vous effectué la sélection des chanteurs ?

A l’époque, je composais beaucoup de musiques de pubs, pour lesquelles j’employais pratiquement tous les chanteurs de Paris, y compris Véronique Sanson, Alain Chamfort, Michel Berger avant qu’ils ne deviennent connus. Pour Capot, j’ai réuni des pointures de studio comme José Bartel (la voix de Guy dans Les Parapluies de Cherbourg), Nicole Darde ou Robert Fitoussi, le futur FR David. Nous avons enregistré au studio de la Gaîté, à Montparnasse, où je faisais alors pratiquement toutes mes séances, y compris celles de Barbara. Avec l’ingénieur du son, Roger Roche, nous avions des goûts similaires. Il lui était naturel d’aller vers là où ma fantaisie me poussait et vice-versa. Roger me suggérait souvent des idées originales que j’adoptais immédiatement. Le meilleur exemple est le phasing sur la batterie dans L’Aigle noir de Barbara. C’est vraiment une idée de Roger… On travaillait en complices, avec une émulation permanente. Je le stimulais, il me stimulait.

Etant donné les mélanges dans l’écriture, l’album a-t-il été enregistré en re-recording ?

Nous faisions toujours les rythmiques d’abord. Ensuite, par couches successives, les cordes, bois et voix. Nous avions pour habitude bien nous éclater, avec tous mes copains musiciens et chanteurs. Capot n’a pas fait exception. Les séances de voix ont été exceptionnellement drôles (Bartel est un comique qui ne sait pas s’arrêter, alors si on lui laisse le champ libre…) L’enregistrement du titre Capot pointu m’a laissé un souvenir particulièrement bidonnant : nous étions plusieurs chanteurs dans la cabine. Les faux-départs, les problèmes de justesse déclenchaient autant de fous rires… Beaucoup de rigolade pour Frère Convers avec les moines-chanteurs tentant de garder le sérieux. C’est cela Capot pointu : un souvenir de jeunesse, d’insouciance, de déconnade. Et un résultat qui reflète bien, je crois, une période de liberté un peu hirsute.

Vous souvenez-vous de l’accueil de l’album ?

Accueil habituel. Je veux dire que Capot pointu est passé inaperçu. Ça ne m’a pas peiné : j’ai souvent été comme Cyrano dans la scène du balcon. Tout le monde connaissait les indicatifs de Dim, Dam, Dom ou Salut les copains ! mais sans savoir que j’en étais le compositeur. Il en faut plus pour me tracasser : pour un créateur, l’essentiel est d’écrire, de toucher le public, même en restant dans l’ombre.

Vous avez enregistré l’album en 1969. Peut-on considérer Capot pointu comme un portrait de Michel Colombier à trente ans ?

Non, seulement un Polaroïd de ce que je faisais ce mois-là à Paris. Au mieux, une esquisse, une ébauche. C’est après écoute de Capot pointu que Herb Alpert et Jerry Moss du label A&M m’ont donné carte blanche pour un nouvel album, toujours basé sur l’idée de métissage entre écriture classique et rythmiques modernes, jazz ou pop. Ce sera Wings, reflet de Michel Colombier à trente ans.

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